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Photo: Getty/Images

Par Claude Gauvreau - 1 Novembre 2018 

Actualités UQAM - https://www.actualites.uqam.ca/2018/gouverner-internet-autrement

Destiny Tchéhouali prône une gouvernance multipartite du Web pour favoriser la diversité culturelle et linguistique.


Le milieu culturel au Québec se réjouit du maintien de la clause d'exception culturelle (incluant les contenus numériques) dans le nouvel Accord États-Unis-Canada-Mexique (AEUMC). Toutefois, des craintes ont été exprimées quant à la présence d'une clause de représailles rattachée à l'exception culturelle. En vertu de cette clause, les États-Unis pourraient exiger des compensations financières si le Canada prenait des mesures protectionnistes pour préserver ses industries culturelles. Ces craintes sont-elles fondées? Certains estiment que non parce que la clause de représailles, déjà inscrite dans l'ancien Accord de libre échange nord-américain (ALÉNA), n'a jamais été appliquée.

«La vigilance s'impose, soutient le professeur du Département de communication sociale et publique Destiny Tchéhouali. On ne doit pas oublier que l'ALÉNA a été conclu avant l'expansion d'Internet et du commerce électronique, avant la révolution numérique. La question est de savoir quelle sera la stratégie canadienne relativement au numérique, au moment où un comité doit examiner la législation fédérale en matière de radiodiffusion et de télécommunications.»

Membre de la Chaire UNESCO en communications et technologies pour le développement et du Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM), Destiny Tchéhouali a signé un chapitre consacré à la gouvernance d'Internet et au développement de la diversité culturelle et linguistique dans le Rapport 2018 sur l'état de la francophonie numérique. Publié par l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ce rapport a été coordonné par  l'Institut du droit de l'espace et des télécommunications (Idest) et la Chaire UNESCO sur les pratiques émergentes en technologies et communication pour le développement de l'Université Bordeaux Montaigne. Il contient des avis d'experts et met l'accent sur des exemples de bonnes pratiques dont les pays francophones peuvent s'inspirer.

«Il s'agit d'un outil de travail visant à nourrir la réflexion et à éclairer les prises de décision des dirigeants des États membres de l'OIF, lesquels sont confrontés à des défis économiques et culturels associés au nouvel environnement numérique», précise le professeur.

Pour une gouvernance multipartite

Dans un contexte où il n'existe pas d'autorité supranationale pour gouverner Internet, «il est nécessaire de tenir compte du rôle de tous les acteurs pour appliquer un modèle de gouvernance multipartite inspiré d'une approche décentralisée et ouverte, s'appuyant sur l'architecture même du Web», soutient Destiny Tchéhouali. Ce type de gouvernance, défendu par l'OIF afin de prendre en compte les intérêts publics, en particulier ceux des pays en développement, appelle à une forme de responsabilité partagée entre, notamment, les gouvernements, les organisations internationales, les chercheurs/ingénieurs, les industriels, les opérateurs d'infrastructures et de réseaux et les fournisseurs de contenus.

«La question ne doit pas être abordée en termes de qui contrôle ou qui gouverne Internet, mais plutôt en termes de comment gouverner Internet afin qu'il demeure ouvert, libre, neutre et accessible au plus grand nombre, tout en en favorisant la diversité des expressions culturelles et linguistiques, indique le chercheur. Le modèle de gouvernance multipartite devrait être inscrit dans les cadres réglementaires et législatifs des États en matière de culture.»

Faible présence du Québec sur Netflix

À peine une dizaine de productions québécoises – films et séries télé – sont actuellement disponibles pour les Canadiens abonnés à Netflix, révèle une étude du Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l’ère du commerce électronique (LATTICE). Rattaché au CEIM et codirigé par la professeure du Département de science politique Michèle Rioux, le LATICCE cherche à mesurer la présence et la visibilité des productions culturelles québécoises sur les plateformes numériques.

Entre le 13 août et le 12 octobre 2018, les chercheurs du LATTICE ont vérifié chaque jour quelles œuvres québécoises étaient disponibles sur Netflix. L'offre est demeurée la même du début à la fin de cette période. La semaine dernière, l'offre Netflix au Canada comprenait au total environ 4 000 films et plus de 1 500 séries.

Privatisation du Web

La mondialisation a favorisé l'émergence d'acteurs non-étatiques transnationaux, qui cherchent à imposer leurs propres règles, inspirées par des intérêts commerciaux, au détriment des règles incluses dans les politiques, réglementations et législations nationales. «On assiste à une privatisation du Web, laquelle s'incarne dans une sorte d'oligopole constitué des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), affirme Destiny Tchéhouali. L'abondance des contenus culturels offerts sur leurs plateformes numériques ne garantit pas une plus grande diversité de l'offre. Les tendances récentes révèlent plutôt une concentration et une homogénéisation de l'offre culturelle.»

Selon le professeur, ce sont ces entreprises qui décident quels produits culturels nous consommons. «Au moyen de leurs algorithmes, elles parviennent à capter notre attention en exploitant nos données d'utilisateurs, nos goûts et nos préférences. Elles rendent aussi certains contenus plus visibles que d'autres grâce à des techniques de sélection, de hiérarchisation et de recommandation. Résultat? Les œuvres audiovisuelles et musicales francophones sont noyées dans un océan de produits majoritairement anglophones.»

Les pays francophones doivent réviser ou renforcer leur cadre législatif et réglementaire pour préserver leur souveraineté numérique, poursuit Destiny Tchéhouali. «L'Europe offre un exemple intéressant de ce qui peut être fait sur le plan réglementaire, note-t-il. Le Parlement européen a haussé le ton envers les GAFA et tente d'imposer un quota minimum de 30 % d'œuvres européennes dans les catalogues des plateformes de vidéo sur demande, comme celui de Netflix. Appuyé par la France, le Canada a même proposé l'idée d'une plateforme qui rassemblerait des productions francophones.»

La France à l’UQAM

Destiny Tchéhouali participera, le 20 novembre, à une table ronde sur la découvrabilité des produits culturels québécois et français à l’ère du numérique, organisée par le LATTICE. La table ronde s'inscrit dans le cadre de l'événement «La France à l'UQAM», qui se déroulera du 20 au 22 novembre. Cette initiative du rectorat de l’UQAM menée en collaboration avec le Consulat général de France vise à renforcer les échanges et à favoriser l’émergence de nouveaux partenariats. Plusieurs activités seront proposées aux chercheurs, aux étudiants et au grand public.

Le professeur participera également aux deuxième et troisième volets du colloque international Le Contenu culturel à l'ère du numérique, qui auront lieu à l'UQAM en décembre 2018 et en avril 2019. Cet événement est le fruit d'un partenariat entre le CEIM et le Center for International Relations Studies de l'Université de Liège, en Belgique.

Enfin, en tant que membre expert du comité d'orientation des dynamiques culturelles et linguistiques de l'OIF et directeur de l'Observatoire des réseaux et interconnexions de la société numérique (ORISON), Destiny Tchéhouali a été invité à participer au 13e Forum mondial sur la gouvernance d'Internet, qui se tiendra au siège de l'UNESCO à Paris, du 12 au 14 novembre prochains.

Fractures numériques

Tout en soulignant les progrès accomplis dans les pays en développement sur le plan du déploiement des infrastructures et du développement des applications numériques, le rapport 2018 de l'OIF rappelle la persistance de nombreuses inégalités entre les pays francophones et à travers le monde. Ainsi, 60 % de la population mondiale n'a toujours pas accès à Internet, en particulier les femmes et les habitants des régions rurales.

«En Afrique, par exemple, la proportion de femmes utilisant Internet est inférieure de 25 % à celle des hommes, souligne le professeur. On constate également que les jeunes sont plus susceptibles d'être connectés que leurs aînés et que l'accessibilité numérique représente un enjeu crucial pour les personnes atteintes d'un handicap.» Les causes des inégalités sont techniques (manque d'infrastructure réseau ou régions inaccessibles), économiques (faiblesse du pouvoir d'achat) et culturelles (analphabétisme et non-disponibilité de contenus dans certaines langues). «Le développement de la littératie numérique est particulièrement important pour contrer la fracture cognitive en matière d'appropriation et d'utilisation des outils numériques», conclut Destiny Tchéhouali.



Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir

Martin Tétu et Sophie Dubois-Paradis - Le Devoir

31 octobre 2018

https://www.ledevoir.com/opinion/idees/540274/y-a-t-il-des-films-quebecois-sur-netflix

Quel est le véritable impact de Netflix sur la diffusion des créations audiovisuelles québécoises ? La question se pose depuis l’annonce d’investissements majeurs de Netflix au Canada, à hauteur de 500 millions de dollars dans les cinq prochaines années. Elle se pose aussi en regard de la toute récente décision de l’Union européenne d’imposer un quota de 30 % d’oeuvres de l’UE dans le catalogue Netflix proposé aux Européens. De tels quotas sont-ils aussi une solution au Québec pour valoriser la création locale ou la solution serait-elle plutôt l’investissement annoncé par Netflix ? Pour y répondre, il faut jeter un oeil sur le catalogue actuel de séries et films québécois sur Netflix, une démarche qui n’avait pas encore été effectuée de façon scientifique.

Combien croyez-vous qu’il y a de séries et de films québécois offerts à l’usager canadien sur Netflix au moment où vous lisez ces lignes ? Le Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l’ère du commerce électronique (LATICCE) de l’UQAM effectue depuis un an des collectes de données sur les principales plateformes de contenus numériques en ligne pour la musique (Spotify, iTunes et Google Play), le livre (Amazon, Les Libraires et Renaud-Bray), de même que pour l’audiovisuel (Netflix, iTunes et YouTube). L’objectif est de mesurer la présence avérée de créations québécoises en ligne sur ces grandes plateformes. Nos observations nous permettent de constater que cette présence d’oeuvres québécoises varie beaucoup selon les domaines et les plateformes. Si, dans le domaine de la musique, les nouveautés québécoises sont en bonne partie accessibles en ligne (ex. sur Spotify), ce n’est pas le cas des séries et films du Québec sur la plateforme Netflix.

Entre le 13 août et le 12 octobre 2018, le LATICCE a recensé chaque jour quatre films québécois disponibles sur Netflix. Ces quatre films (IncendiesGaz Bar BluesStarbuck et Bon cop, bad cop) ont été les mêmes durant toute cette période de deux mois. En conséquence, il n’y a pas eu de variation dans l’offre limitée de films québécois proposés aux abonnés canadiens de la multinationale américaine. En ce qui concerne les séries télévisées, le LATICCE a recensé cinq séries (Série noireNouvelle adresseLe clanVertigeLa théorie du K.O.). Ici aussi, ces cinq séries ont été les mêmes chaque jour, l’offre n’ayant pas été bonifiée pendant cette période. En bref, on peut en conclure que l’offre québécoise sur Netflix pour les abonnés canadiens est non seulement restreinte mais aussi peu renouvelée, une offre qui n’inclut pas les nouveautés.

On pourrait croire qu’il y a un problème structurel à diffuser des séries et des films québécois en ligne. Toutefois, on retrouve sur la plateforme iTunes un nombre élevé de films québécois en téléchargement et en streaming. Même sur la plateforme payante de YouTube, de nombreux films québécois sont accessibles. En conséquence, y aurait-il un « problème Netflix » ? Ce problème serait symptomatique d’un modèle de développement qui n’inclut pas la création locale. On le constate actuellement dans la diffusion sur Netflix. On peut donc légitimement s’inquiéter en ce qui concerne les productions annoncées par Netflix au Canada, qui pourraient suivre la même tendance et ne pas inclure de créations et de créateurs locaux.

Pour ou contre un quota Netflix au Canada et au Québec ? Avant de répondre à cette question, il faudrait continuer la documentation de la réalité actuelle de la diffusion en ligne. Difficile de cerner l’impact des plateformes transnationales sur l’écosystème culturel québécois en l’absence de données d’offre et de consommation (contenus présentés et consultés, abonnés, revenus, etc.). Difficile d’autant plus de définir les mesures à mettre en place pour s’assurer de protéger et de promouvoir la culture locale. La documentation de l’environnement numérique s’avère centrale afin de baser les décisions politiques et juridiques sur une présence avérée de contenus locaux et non sur le seul discours des plateformes transnationales comme Netflix, qui porte à croire de façon erronée que la culture québécoise est déjà amplement représentée en ligne.


Pour en lire davantage, consultez l'article «Le Québec discret sur Netflix» de Guillaume Bourgault-Côté: https://www.ledevoir.com/culture/540230/le-quebec-discret-sur-netflix.

Photo: Bertrand Calmeau Radio-Canada «Série noire» est une des rares séries québécoises disponibles sur Netflix.

Guillaume Bourgault-Côté - Le Devoir

31 octobre 2018

Les productions québécoises — cinéma et télé — se font rares sur Netflix : à peine une dizaine d’oeuvres sont actuellement disponibles pour les usagers canadiens de la plateforme américaine. Une situation appelée à changer… mais qui n’est pas nécessairement négative, estime l’association qui représente les producteurs.

Si jamais le gouvernement fédéral veut imposer à Netflix un quota de contenu canadien (ce que permet le nouvel accord de libre-échange avec les États-Unis, et ce que l’Europe fait déjà avec un seuil de 30 %), le géant américain aux 137 millions d’abonnés aura du travail à faire : à l’heure actuelle, les abonnés établis au Canada peuvent visionner en tout et pour tout… cinq séries et cinq films produits au Québec.

Au total, l’offre Netflix pour les Canadiens était la semaine dernière de quelque 4000 films et plus de 1500 séries. C’est donc dire qu’environ 0,1 % des films présentement en ligne ont été produits au Québec. Pour les séries, la proportion est de 0,3 %.

La recension a été effectuée par des chercheurs du LATICCE — l’acronyme du Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l’ère du commerce électronique, rattaché à l’UQAM. Entre le 13 août et le 12 octobre 2018, ils ont vérifié chaque jour quelles oeuvres québécoises étaient disponibles sur la plateforme de diffusion vidéo.

Non seulement le nombre n’a-t-il pas varié durant cette période, mais l’offre est demeurée exactement la même du début à la fin de leur vigie (le cinquième film s’est ajouté dans les derniers jours, Monsieur Lazhar).

« On peut en conclure que l’offre québécoise sur Netflix pour les abonnés canadiens est non seulement restreinte, mais aussi peu renouvelée, [et] n’inclut pas les nouveautés », écrivent les auteurs de l’étude dans une lettre ouverte publiée sur nos plateformes numériques. Tous les films en ligne sont sortis avant 2011.

Lire la suite :  https://www.ledevoir.com/culture/540230/le-quebec-discret-sur-netflix?fbclid=IwAR2sxnYRLWuME9Tee3_V5KQi-nzBIc8gA5pPtnmzdCPpssak2_eJcp7hrNU



Le Colloque international «Le contenu culturel à l’ère du numérique. Acteurs, normes et politiques» s'est tenu à l’Université de Liège (Belgique) le 18 octobre dernier. Fruit d'un partenariat entre le Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM/UQAM) et le Center for International Relation Studies (CEFIR/ULiège), ce colloque a permis d'analyser la cohérence des politiques culturelles et numériques, dans une perspective comparative, tout en suscitant des discussions sur les logiques d'acteurs, leurs discours et stratégies, les modèles d'affaires ainsi que les nouveaux enjeux et défis de régulation des écosystèmes convergents des trois mondes que sont la culture, le commerce et le numérique (incluant le secteur des nouveaux médias et celui des télécommunications).

Plusieurs chercheurs de l'équipe du LATICCE (Michèle Rioux, Directrice du CEIM et co-directrice du LATICCE ; Destiny Tchéhouali, Professeur au département de communication sociale et publique de l'UQAM et Guy-Philippe Wells, Doctorant au Département de science politique de l'UQAM) ont pu présenter les travaux sur la découvrabilité et rendre compte des progrès de la recherche au LATICCE, notamment sur l'étude des impacts des plateformes numériques sur l'offre d'écoute et de visionnement en ligne de contenus culturels québécois. Les présentations de l’équipe du LATICCE ont porté sur des problématiques telles que : la mesure de la découvrabilité des produits culturels numériques locaux sur les grandes plateformes transnationales, la gouvernance d’Internet et ses implications sur la diversité des expressions culturelles en ligne, les transformations et défis de régulation de la concurrence à l’ère des plateformes numériques. 

La participation de l'équipe du LATICCE à ce colloque a été rendue possible grâce au soutien financier du Ministère des relations internationales et de la Francophonie (MRIF) du Québec, à travers la 10ème Commission mixte permanente Québec/Wallonie-Bruxelles (2017-2019). 


La liste des projets, guichets de soutien, initiatives de recherche qui suit n'est pas exhaustive. Le lecteur est invité à ajouter, commenter. Notre emphase est mise sur les secteurs de l'enregistrement sonore et des arts de la scène.

(L'auteur remercie Diane Mercier pour son travail de révision)

La découvrabilité des propositions culturelles en ligne est actuellement un sujet très chaud. Plusieurs acteurs culturels et politiques affirment que la découvrabilité sera garante, ou non, dans le futur, de la diversité des expressions culturelles. Les métadonnées servant à décrire un contenu, une ressource ou un objet culturel numérisé tel une chanson, une photographie, un spectacle et l'endroit où il aura lieu, sont de genres et de couleurs très variés.1

Pour bien saisir l'enjeu que représente l'activation de la découvrabilité, un premier élément est très important : pour décrire un contenu numérisé avec l'aide de métadonnées, il faut le faire à la fois de façon à ce que les humains puissent comprendre la description de ce contenu, mais aussi que les ordinateurs puissent en faire de même, afin d’offrir ensuite des recommandations et des propositions de contenus pertinents.

Tous les secteurs de création possèdent leur vocabulaire propre. Le défi est maintenant d'affirmer ces vocabulaires et de les traduire au langage que pourront lire et comprendre les machines.

Si j'affirme que Leonard Cohen est un auteur-compositeur né à Montréal, il est pris pour acquis que tout le monde sait ce qu'est un auteur-compositeur (ce qui n'est pas toujours vrai), il est pris pour acquis que tout le monde sait que Montréal est une ville au Québec et au Canada. Or, si on ne le spécifie pas, un ordinateur pourrait bien croire que Cohen est une ville et qu'un auteur-compositeur est quelqu'un qui chante.

Ainsi, il faut que les secteurs créatifs s'entendent sur ce qu'est un auteur-compositeur et se le réaffirment entre eux pour être capables de s'entendre sur la façon de le faire comprendre aux machines.


Nous allons décortiquer l'exemple plus haut.

Leonard est un prénom.

Cohen est un nom de famille.

Un auteur écrit des textes.

Un compositeur compose de la musique.

Les textes et les musiques sont des propositions artistiques ou des ressources.

Écrire ou composer sont des métiers, des contributions artistiques.

On nait un certain jour du calendrier.

Montréal est un lieu.

Un lieu est parfois un lieu de naissance.


Il faut expliquer tout cela à une machine.

Dans l'affirmation Leonard Cohen est un auteur-compositeur né à Montréal, nos champs de métadonnées sont donc :

Prénom

Nom

Contribution (métier)

Lieu de naissance


Souvent, pour les services qui permettent d'écouter la musique de Leonard Cohen, ces quatre champs d'information, connectés avec sa liste de titres de chansons, sont considérés comme amplement suffisant pour encaisser votre abonnement. Bien souvent, le rôle spécifique et le lieu de naissance de l'artiste sont complètement superflus. Mais tout cela est appelé à changer avec le temps. Selon la logique visant à assurer la plus grande diversité culturelle possible, c'est ce que nous voulons. C'est aussi ce que veulent de plus en plus les services de contenus en ligne. Nous les croyons, car ils gagneront davantage d'argent avec des métadonnées plus riches, bien que cela soit un autre sujet d'article.

Dans le cadre du Plan d'action pour la musique et de la mesure 102 du Plan culturel numérique du Québec2, le collectif SOPROQ travaille actuellement au projet Collection afin de consulter le milieu québécois de la musique enregistrée sur l'adoption d'une base commune de champs de données jugée nécessaire pour permettre d'activer une première phase de découvrabilité. Il est donc nécessaire que : «les secteurs créatifs s'entendent sur ce qu'est un auteur-compositeur et se le réaffirment entre eux», tel qu’énoncé plus haut. Il en va de même avec plusieurs autres concepts et termes industriels.

Les champs décrits dans notre exemple pourraient donc figurer sous peu dans un socle commun de données. Lorsque le milieu sera parvenu à définir ces champs obligatoires, il sera possible de les traduire en langage machine.

Il existe plusieurs types de langage machine. De très nombreux modèles de langage machine sont dérivés de l'anglais. Ainsi, il faut songer aux implications multi-linguistiques des choix terminologiques que nous ferons. Actuellement, le langage Schema.org propose les termes tirés de l'anglais qui suivent pour décrire notre exemple.

Prénom deviendra givenName

Nom deviendra familyName

Contribution deviendra Role

Lieu de naissance deviendra birthPlace


Il faudra utiliser un standard pour décrire les lieux, par exemple les vocabulaires de Wikidata ou autres organismes « structurant » préférablement au niveau international.

Il importe donc de s'entendre sur les termes et leur sens, sur le dictionnaire que nous emploierons. Nous devrons ensuite apprendre à parler MACHINE en choisissant la syntaxe, la structure que nous voulons employer pour faire comprendre à celle-ci que Leonard Cohen est un auteur-compositeur né à Montréal.

Si nous sommes sur le point de nous entendre sur une base et un dictionnaire communs pour parler à la chaîne de valeur et aux machines qui l'activent, nous n'avons pas encore abordé les enjeux du où, quand et pourquoi. Lorsqu'un nouvel album musical paraît, où, quand et pourquoi dois-je envoyer des métadonnées? Se pourrait-il aussi que les machines interlocutrices, les destinataires de l'information ne parlent pas tous la même langue? Bien évidemment.

Ainsi, de la même façon qu'il est possible de sauvegarder un texte en .doc, en .docx, en .txt ou encore en .odt, il faudra un jour pouvoir traduire les métadonnées liées à un objet culturel numérisé en code DDEX-XML, ou JSON-LD, selon des langages structurés divers, vers des destinataires nombreux et pour répondre à des besoins variés.

Plusieurs langages non-interopérables, tels DDEX et Schema.org, ou structurés et inter-opérables de type RDF-OWL, tels DOREMUS, CIDOC-CRM, MusicBrainz-NGS, The Music Ontology (mo), Dublin Core, peuvent être utilisés pour décrire ou exprimer une information en langage machine. Il s'agira alors de citer dans le code HTTP, XML, ou JSON-LD servant à communiquer l'information, le modèle utilisé afin de faire connaître aux moteurs automatiques le sens donné aux différents champs transmis.

Dans le langage du Web sémantique associé à un contenu, une balise d'ouverture indique toujours le langage structuré auquel se conformer. Par exemple, «@context»:«http://schema.org/» indique que nous avons affaire au langage Schema.org encodé en JSON.

Reprenons notre exemple et éclatons-le en utilisant plusieurs modèles sémantiques. Il est possible de construire un modèle sémantique qui convient à un besoin spécifique en ayant recours à plusieurs langages structurés, que l'on nomme aussi ontologies. Cette nouvelle ontologie agrégée visant à résoudre une problématique spécifique est construite sur plusieurs sous-langages ou sous-ontologies pour décrire ce qu'il importe de décrire. Par exemple, des événements (Event Ontology), des œuvres (ontologie FRBR), des personnes (ontologie FOAF), etc. Tant que nous indiquons à la machine, par une balise d'ouverture, à quelle ontologie se référer, il est possible de créer des modèles aussi complexes que la situation le requiert.

Ensuite, il s'agira, pour chaque ligne d'information qu'il est pertinent de transmettre aux robots, aux machines, de construire une instance codée, que l'on nomme un TRIPLET, composée du champ (object) (ex. prénom) suivi de la valeur de ce champ (properties-subject) (ex. Leonard) ainsi que de la relation qui lie les deux (relationship-predicate) (ex. firstname, surname, name, roleName, dateCreated, startDate, etc.).

Pour exprimer les attentes de la machine, voici des sujets et des valeurs qui servent à illustrer notre exemple... Nous vous invitons à cliquer sur les liens pour mieux comprendre les logiques à l'œuvre.


Leonard est un prénom :

http://xmlns.com/foaf/spec/#term_firstName


Cohen est un nom de famille :

http://xmlns.com/foaf/spec/#term_familyName


Leonard Cohen est un auteur-compositeur, le permalien de son identifiant VIAF est : http://viaf.org/viaf/56703476 ;

et son permalien ISNI est : http://www.isni.org/isni/0000000110273481


Sa fiche wikidata est ici :

https://www.wikidata.org/wiki/Q1276

Sa présence (URI) dans Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonard_Cohen


Un auteur écrit des textes qui peuvent être des paroles de chanson (mais pas forcément) : http://schema.org/lyricist

Un compositeur compose de la musique :

http://schema.org/composer


Les textes et les musiques sont des propositions artistiques :

http://schema.org/MusicComposition


Il est possible d'identifier une œuvre ou un enregistrement grâce à un identifiant unique tiré de la base ouverte MusicBrainz, par exemple la pièce Who By Fire est une œuvre et son enregistrement connus sous les identifiants:

https://musicbrainz.org/work/57e549be-cf72-3f7b-b03c-a40e2b42431a

https://musicbrainz.org/recording/9313208d-480f-49fc-8616-ad13273e80a3


Écrire des paroles ou composer sont des contributions artistiques ou métiers :

http://schema.org/Role


On nait habituellement un certain jour du calendrier :

http://schema.org/birthDate


Un lieu est parfois un lieu de naissance :

http://dbpedia.org/ontology/birthPlace


Montréal est un lieu :

http://www.geonames.org/maps/google_45.509_-73.588.html

Finalement, dans une requête automatisée au format SPARQL3, il est éventuellement possible de faire sortir les informations agrégées plus haut dans une nouvelle page, un graphe visuel de connaissance, une recommandation, afin d'activer la découvrabilité et présenter de façon enrichie la pièce Who By Fire de Leonard Cohen, un auteur-compositeur né à Montréal.




1 Bisaillon, 2013, Métadonnées et répertoire musical québécois : un essai de mobilisation des connaissances dans le nouvel environnement numériquehttp://espace.inrs.ca/1678/

2 http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca/102-deployer-une-approche-commune-relative-aux-donnees-numeriques/

3 Pourvu que le jeu de données interrogé offre un port de terminaison SPARQL (SPARQL endpoint) (ex. http://dbtune.org/musicbrainz/sparql)

Actuellement, l'Europe et l'Australie se penchent sur l'imposition de normes minimales de contenus dans l'offre des plateformes en ligne.

Le 26 avril dernier, le parlement et le conseil Européen ont adopté officieusement une règle qui fixe la présence des contenus de la fédération à 30% des catalogues des plateformes Netflix et Amazon Plus. (https://www.lecho.be/economie-politique/europe/economie/netflix-devra-proposer-30-de-contenus-made-in-europe/10006209.html).

En Australie, les collectifs de droits APRA et AMCOS appellent les plateformes au respect d'une présence de l'offre nationale minimale de 25%. Dean Ormston principal dirigeant du collectif de droit s'exprimait récemment à The Industry Observer dans les termes suivants :

We’ve agreed over the next 12 months to all be looking at the same data and on a monthly basis review that data to see what compliance looks like. And if there’s non-compliance, let’s do something about it. That is, we need to talk to that station pretty quickly. That’s where we’ve got to now.” https://www.theindustryobserver.com.au/apra-amcos-calls-for-local-content-quota-from-streaming-services/

Il confirme ainsi la nécessité d'établir une mécanique longitudinale de mesure de la présence des contenus sur les plateformes. La même contrainte s'imposera pour vérifier la présence effective de contenus Européens dans l'offre Netflix et Amazon Plus. APRA-AMCOS demeure prudente en articulant cette demande strictement en lien avec les listes d'écoute éditoriales (curated playlists) et non sur des minimums en matière de visibilité et de recommandation pro-active de contenus dans les listes d'écoute personnalisées.

À ce titre, le LATICCE va plus loin. Le réel défi n'est pas selon nous de vérifier et d'assurer la diversité présente dans l'inventaire des plateformes au sein de listes génériques ou thématiques, mais bien de mesurer les modalités de recommandation, de visibilité ou de mise en avant effective des contenus spécifiques sur l'ensemble de leurs services.

Au Québec, les mesures 06-80-102-111 du Plan culturel numérique du Québec (1) portent sur l'étude et la définition de politiques publiques ayant recours aux métadonnées descriptives pour valoriser les contenus et objets culturels numérisés. Ces politiques pourront, à terme, accroître la traçabilité des usages et améliorer le paiement de droits aux artistes et créateurs de contenus.

Qu'il s'agisse de minima dans les inventaires ou d'indexation normée des contenus, de la définition de procédés de reddition de comptes, de mesure de l'offre, de mise en avant de contenus spécifiques ou de prescriptions en matière de bonnes pratiques, il est futile de règlementer sans être en mesure de vérifier la conformité.

C'est ainsi que nous estimons que la création d'indicateurs et d'indices, que la mise en place de procédés d'interrogation automatisés des plateformes, tel que proposé par le LATICCE, deviendra sous peu une absolue nécessité.

Le LATICCE croit que des instances de veille et de mesure devront être mises en place et pérennisées dès lors que des politiques publiques de protection et de promotion des contenus seront préconisées et instituées. À ce titre, le Plan culturel numérique, le Ministère de la culture du Québec ou encore le CRTC devront rapidement réfléchir à la mise en place de structures de veille permanentes.

Jean-Robert Bisaillon

NB. Les billets publiés sur le blogue du LATICCE n'engagent que leurs auteurs.

Source : CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=334606

(1) Plan culturel numérique du Québec, consulté le 9 mai 2018 http://culturenumerique.mcc.gouv.qc.ca/toutes/

Par Claude Gauvreau

10 AVRIL 2018 À 13H01

Le LATICCE mesurera la présence et la visibilité des productions culturelles québécoises sur les plateformes numériques.

«On peut tout trouver sur les plateformes numériques transnationales, mais sont-elles aussi diversifiées qu'on le prétend? Les productions musicales et audiovisuelles québécoises et canadiennes y rayonnent-elles?», demande la professeure du Département de science politique Michèle Rioux, directrice du Centre d'études sur l'intégration et la mondialisation (CEIM). Le hic est qu'il n'existe pas de portrait global des flux culturels sur ces plateformes et qu'aucun outil ne permet de mesurer la disponibilité des contenus canadiens.

C'est pour combler ces lacunes que le Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l’ère du commerce électronique (LATICCE) a été lancé en février dernier. (...)

Pour en lire davantage: https://www.actualites.uqam.ca/2018/promouvoir-diversite-culturelle?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=envoyer_cbp



La découvrabilité est une notion qui s'abreuve de nombreux concepts très médiatisés souvent mal compris. Le LATICCE, Laboratoire de recherche sur la découvrabilité et les transformations des industries culturelles à l’ère du commerce électronique propose d'effectuer un tour d'horizon s'accompagnant d'un lexique afin de mieux comprendre cet enjeu des technologies de l'information et des communications et ses impacts sur l'avenir des secteurs culturels.

«La découvrabilité est la capacité d’un contenu culturel de se laisser découvrir aisément par le consommateur qui le recherche et de se faire proposer au consommateur qui n’en connaissait pas l’existence.»

OBSERVATOIRE DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS DU QUÉBEC (2017). État des lieux sur les métadonnées relatives aux contenus culturels, Québec, Institut de la statistique du Québec, Observatoire de la culture et des communications du Québec, 118 p., [En ligne]. [www.stat.gouv.qc.ca/observatoire], Québec 17 octobre.

De nombreux énoncés de politiques culturelles et mesures de soutien récemment introduits insistent sur l'importance de favoriser la découvrabilité des objets et contenus culturels numérisés. Nous pensons notamment au Plan culturel numérique du Québec, au Plan d'action pour la musique, à la Stratégie numérique du Québec, au cadre stratégique du Canada Créatif, au Fonds stratégie numérique du Conseil des Arts du Canada, au programme Exploration et déploiement numérique du Conseil des arts et des lettres du Québec ou encore au document de définition d'un Plan de découvrabilité pour les séries numériques de format court du Fonds Bell.

En amont et en aval du sommet de mai 2016 sur la Découvrabilité (1), le blogue FMC veille publiait cinq articles sous la plume de Danielle Desjardins (2) qui demeurent fondateurs pour cerner l'enjeu, notamment pour le secteur de l'audiovisuel. 

Le LATICCE estime qu'il est actuellement nécessaire que des mesures de la découvrabilité soient développées et ceci notamment afin d'évaluer l'efficacité des efforts d'accroissement de celle-ci engagés par les pouvoirs publics, les acteurs terrains et les producteurs de contenus.

Notre problématique de recherche peut s'illustrer par la question suivante : Est-ce que les services culturels numérisés locaux sont "découvrables" sur les grandes plateformes transnationales qui dominent actuellement l'offre culturelle mondiale/locale? Les processus d'indexation normalisés des objets culturels et médiatiques numérisés en amont de la mise à disposition des contenus et les déterminants techniques de leur découvrabilité en aval sont des aspects qui peuvent expliquer le niveau de découvrabilité, comme également les stratégies d'affaires visant à favoriser une offre par rapport à une autre. Ces éléments pourront permettent de cibler des mesures pour accroître la découvrabilité des contenus locaux, un préalable à l'émergence de modèles d'affaires soutenables dans nos industries culturelles.

Pour ce faire, nous développons actuellement une série d'indicateurs, divers procédés de recherche qualitatifs et quantitatifs pour produire, d'ici 2020, un indice de découvrabilité synthétique qui permettra d'établir un palmarès des portails de contenus culturels en regard de leur capacité à présenter P, rendre visible V et recommander R des contenus. Nous cherchons à établir quels sont les portails qui favorisent la diversité plutôt que la concentration de l'offre. À l'instar du gouvernement québécois qui établissait en octobre 2017 son Plan d'action pour la musique, nous travaillons prioritairement sur le secteur musical pour lequel aucune offre de streaming canadienne ou québécoise n'existe. Nous engageons aussi des efforts pour les secteurs de l'audiovisuel et du livre.

Bien que nous jugeons nos travaux utiles pour une appropriation judicieuse des procédés d'activation de la découvrabilité, nous mettons le lecteur en garde quant au caractère obligatoirement évolutif de notre démarche. Les réseaux numériques connectés sont en rapide mutation, ce sont des cibles mouvantes où les modèles d'affaires et procédés développés par les services sont souvent opaques, où la culture se limite souvent à n'être qu'une lucrative commodité.

Afin de mieux cerner nos travaux, dans le but d'ouvrir la conversation avec les milieux créatifs, les pouvoirs publics et la société civile, nous nous proposons d'abord de présenter sous forme de lexique, une série de concepts avec lesquels le LATICCE entend jongler ou qu'il souhaite aborder par ses recherches. Nous ouvrons les commentaires pour cet article, ainsi que divers espaces de l'actuel Wiki, et invitons les parties concernées par le défi de la découvrabilité à poursuivre la discussion avec nous.

Objet médiatique et culturel numérique (OMCN) | Expression générique utilisée pour nommer l'ensemble des contenus culturels dématérialisés qui circulent en ligne.

Écoute en flux numérique continu (streaming) et Plateformes numériques d’écoute en ligne (PNEL) | Il s'agit de la norme actuelle en matière d'écoute des contenus audio et audiovisuels. L'écoute en flux continu s'apparente à un flux radio et requiert une connexion active sur réseau cellulaire ou WiFi. Certains services de streaming permettent aussi le téléchargement pour écoute hors connexion.

Déterminants techniques | Dans un univers où la découvrabilité est très souvent influencée par les comportements de navigation de l'internaute et les traces que celui-ci laisse derrière lui, nous considérons que des déterminants techniques, des biais industriels ou informatiques sont à l'oeuvre. Il s'agit de facteurs qui vont moduler le comportement des algorithmes de recommandation de contenus. Voir les sections Adresse MAC, adresse IP et cookies / Modèles d'affaires et d'accès / Profilage de goût et recommandation, etc.

Présence (P) | Première routine de collecte automatisée du LATICCE procédant par requêtes aux API des plateformes et consistant à vérifier la présence sur un service donné, d'un titre tiré d'une liste de référence.

Visibilité (V) | Seconde routine de collecte automatisée du LATICCE procédant par requêtes aux API des plateformes, actuellement en cours d'élaboration. Les indicateurs de visibilité sont conditionnés par une série  de déterminants techniques à l'étude. Voir Déterminants techniques.

Profilage de goût et recommandation (R) | Les plateformes offrant des produits culturels cherchent le plus possible à établir une corrélation entre ce que l'internaute cherche et ce qu'elles ont à lui offrir. Ainsi par diverses méthodes, elles profilent les goûts de leurs abonnés ou des internautes qui fréquentent anonymement leurs services. On moucharde les écoutes, les recherches et les listes d'écoute créées par les usagers, on questionne les internautes quant à leurs préférences. Les mécaniques de recommandation se fondent sur le filtrage collaboratif, l'analyse du langage naturel (métadonnées descriptives, analyse textuelle de blogs et de sites spécialisés)(3), les annotations Web sémantiques, la curation humaine. À la demande ou à fréquence définie, on recommande aux consommateurs des listes d'écoute de nouveautés, de classiques, d'ambiances diverses, modulées selon l'activité ou le moment de la journée. La lecture des recommandations constitue à terme la troisième routine de collecte automatisée du LATICCE.

Liste d'écoute (playlist) | Les plateformes accompagnent l'expérience d'écoute et de consultation et le font très souvent en créant des listes d'écoute, des programmes de contenus. Les playlists peuvent être générées par des humains agissant à titre d'éditeurs, par des algorithmes, par les usagers et abonnés eux-mêmes et par diverses combinaisons de ces interventions. Les services peuvent vous proposer une seule liste à fréquence régulière, comme elles peuvent dans certains cas en produire de très nombreuses sans respecter une périodicité spécifique.

Adresse MAC, adresse IP et cookies | Nous cherchons à identifier les déterminants techniques qui peuvent influencer le profilage de goût des internautes abonnés aux services d'écoute en flux numérique. Dans quelle mesure l'appareil (reconnu par l'adresse MAC ou Media Access Control de sa carte SIM ou réseau), son système d'opération ou la localisation de l'abonné (souvent déterminée par l'adresse IP Internet-Protocol associée au serveur de connexion de l'internaute) ou encore les cookies enregistrés dans l'historique de navigation de vos fureteurs Chrome, Firefox, Safari ou autre, sont pris en compte lors de la constitution des recommandations. Cette problématique de recherche est en cours et n'est pas encore résolue.

Métadonnées | Les métadonnées sont des informations servant à décrire, enrichir et trouver les objets culturels et médiatiques numérisés mis à disposition sur Internet. Elles existent sous de nombreux types à la fois sectoriels ou trans-sectoriels, inter-opérables ou pas, normés ou pas. Il faut distinguer les métadonnées qui permettent l'indexation des contenus en amont de leur transmission dans la chaîne de valeur, des données d'usage moissonnées en aval sur la base des comportements des internautes à l'égard des contenus : achat, écoute complète ou partielle, géolocalisation du consommateur etc.

Algorithmes et intelligence artificielle | L'algorithme est une suite d'instructions permettant d'obtenir un résultat. Ils sont utilisés par les logiciels de recommandation. En intelligence artificielle, l'apprentissage automatique (machine learning) est quant à lui  une routine qui permet à un programme informatique ou un algorithme de s'améliorer lui-même. On peut présumer qu'une certaine part d'apprentissage automatique est à l'oeuvre dans les processus de raffinement des outils de recommandation ou de profilage de goût.

Modèles d'affaires et d'accès | Les offres en ligne et leurs conditions d'accès se déclinent selon de nombreuses variantes. Ces variantes jouent sur la convivialité du service, sa souplesse à l'égard des besoins de l'abonné et à terme sur la découvrabilité des contenus qui s'y trouvent répertoriés. Que le modèle soit fondé sur la gratuité ou sur une mensualité plus ou moins élevée pourra avoir une incidence sur la qualité de la prestation aux abonnés, sur les outils de découvrabilité ou de recommandation à sa disposition.

Listes de référence / Nettoyage des données / Codage manuel | On ne peut pas attendre d'un algorithme qu'il effectue un travail convaincant et pertinent si les données que nous soumettons à son traitement sont incomplètes, fausses, contiennent des fautes ou ne sont pas transmises selon certains protocoles, normes et standards. Nous devons par conséquent circonscrire nos listes de référence, les nettoyer, les coder avant de les soumettre à nos procédés de forage et d'interrogation des plateformes.

API et requêtes automatisées | L'API est une interface logicielle applicative (programme informatique) qui permet de récupérer des informations par requêtes répétées dans les bases de données qui en offrent la possibilité. C'est le cas pour iTunes, YouTube ou Spotify. Le LATICCE a recours aux API des plateformes et développe aussi ses propres requêtes émulant le comportement des abonnés (Google Play, Netflix). La requête une fois transmise génèrera une réponse - souvent sous forme d'affichage d'une page Web - utile ou non à nos recherches.

Persona | Le LATICCE étudie la perspective de créer des persona ou portraits robots en matière de consommation culturelle, profils d'écoute subjectivement normés, qui seront utilisés lors du recours à certains types de requêtes aux API afin de générer des résultats longitudinaux contrôlés.

Conditions légales d'utilisation | Les abonnés aux divers services doivent toujours adhérer aux conditions légales d'utilisation des plateformes pour se prévaloir du produit. Ces contrats d'adhésion rarement lus contiennent des dispositions régissant la latitude que les services se donnent en matière d'exploitation des données personnelles. Elles sont d'un intérêt manifeste lorsque des opérations de profilage ont cours, ce qui est le cas en ce qui a trait à vos goûts en matière de fréquentation culturelle.

Optimisation de la recherche (SEO) et amplification par le truchement des médias sociaux-numériques | Ces approches habituellement associées aux opérations marketing sont fréquemment assimilées aux stratégies d'activation de la découvrabilité. L'utilisation d'annotations sémantiques ou de métadonnées d'indexation optimales, une activité soutenue sur Facebook ou Twitter ont une incidence sur la découvrabilité, mais nous formulons l'hypothèse à l'effet que ces actions doivent être complétées par d'autres efforts tels l'ouverture des données, leur sémantisation ou encore l'emploi de standards descriptifs rigoureux pour faciliter le travail des algorithmes et des moteurs de recommandation.

Annotations sémantiques et sémantisation des bases de données relationnelles | Ce travail est assimilable aux concepts du Web sémantique et du Web des données : réseaux Internet étendus à l'ensemble des données ouvertes exposées en ligne pouvant être lues, interprétées et présentées par les machines. Ajouter des annotations ou sémantiser des contenus implique un travail spécifique répondant à des normes de catalogage. Utiliser ces technologies a une incidence sur la découvrabilité des objets médiatiques et culturels numériques. Voir à ce titre l'article Découvrabilité et métadonnées : nous sommes nuls en documentation de contenu (4).

Ontologies / Référentiels / Thésaurus / Triple stores et triplets | Ces termes issus du champ des sciences de l'information forment les assises du Web sémantique et sont aussi utilisés en intelligence artificielle. Ils renvoient aux notions qui permettent aux machines de tirer du sens des données soumises aux algorithmes de calcul informatique.


Jean-Robert Bisaillon - codirecteur du LATICCE, avril 2018.


(1) Sommet de la découvrabilité / Les contenus à l'ère de l'abondance | http://decouvrabilite.ca/ | 10 et 11 mai 2016

(2) Danielle Desjardins (2016), Découvrabilité : Vers un cadre de référence commun https://trends.cmf-fmc.ca/fr/blog/decouvrabilite-vers-un-cadre-de-reference-commun / Découvrabilité Volet 2 : Le parcours de l'auditoire https://trends.cmf-fmc.ca/fr/research-reports/decouvrabilite-volet-2-le-parcours-de-lauditoire / Surfer sur la vague de la quatrième révolution industrielle https://trends.cmf-fmc.ca/fr/blog/surfer-la-vague-de-la-quatrieme-revolution-industrielle / Les machines qui prédisent ce que vous voulez voir https://trends.cmf-fmc.ca/fr/blog/les-machines-qui-predisent-ce-que-vous-voulez-voir / Économie de l'attention, la conquête des cerveaux https://trends.cmf-fmc.ca/fr/blog/economie-de-lattention-la-conquete-des-cerveaux

(3) Brian Withman (2012), Comment fonctionne et ne fonctionne pas la recommandation musicale https://fr.scribd.com/document/136235243/Brian-Withman-Comment-fonctionne-et-ne-fonctionne-pas-la-recommandation-musicale

(4) Josée Plamondon (2018), Découvrabilité et métadonnées : nous sommes nuls en documentation de contenu https://joseeplamondon.com/decouvrabilite-et-metadonnees-nous-sommes-nuls-en-documentation-de-contenu/


Mon gilet de flottaison répond aux normes et il est repérable...



Le 11 avril, Jean-Robert Bisaillon, codirecteur du LATICCE, interviendra au Forum des Innovations Culturelles à Québec sur le thème du web sémantique, plus particulièrement sur les outils pour valoriser les contenus culturels et la donnée au service de la découvrabilité.

Voir les publications et échanges : https://twitter.com/hashtag/FIC18?src=hash

Le Devoir, Philippe Papineau, 4 avril 2018 

Il y a péril en la demeure dans le monde de la musique. Dans un essai documenté et structuré, alarmant « mais pas alarmiste », le vétéran journaliste à La Presse Alain Brunet démontre que l’économie numérique est en train d’asphyxier les créateurs et la création. Avec Internet, et la dématérialisation qui est venue avec, plusieurs acteurs culturels — et médiatiques — espéraient un eldorado, un accès facile et continu aux contenus. Mais là où plusieurs voyaient une « diversification exponentielle des sources », il y a plutôt eu « une concentration d’entreprises initiatrices [des] technologies de rupture » qui ont fini par assécher les revenus des artisans, écrit Alain Brunet dans La misère des niches.

 https://www.ledevoir.com/lire/524340/le-grand-leurre-du-numerique-en-musique




CONTINUITÉ – ÉQUITÉ – SOUTIEN

Budget du Québec : le gouvernement pave la voie à l’équité fiscale

Montréal, le 27 mars 2018 – La Coalition pour la culture et les médias salue la décision du gouvernement du Québec de moderniser ses dispositions sur la taxation afin qu’elles puissent s’appliquer aux entreprises étrangères offrant en ligne des biens et des services intangibles. C’est le premier gouvernement au pays à faire un pas vers l’équité fiscale de l’économie numérique en exigeant la perception de sa taxe de vente (TVQ) par les entreprises d’ici et d’ailleurs, ce qui doit se faire à compter du 1er janvier prochain. (...)

2018-03-26 Communiqué coalition - budget provincial_FINAL (3).pdf



LE MONDE | 12.03.2018

« Le Web est menacé. » C’est avec ces mots graves que Tim Berners-Lee, considéré comme le principal inventeur du Web, intitule une lettre ouverte publiée lundi 12 mars, à l’occasion des 29 ans de son invention. Le Britannique avait déjà, notamment dans sa précédente lettre publiée un an plus tôt, pointé de grands problèmes du Web, « de la désinformation et de la publicité politique douteuse à une perte de contrôle sur nos données personnelles ».

Cette fois, ce sont les grandes plates-formes que sont FacebookGoogle ou Amazon parmi d’autres qu’il montre du doigt, sans pour autant les nommer.

« Le Web auquel beaucoup se connectaient il y a des années n’est plus celui que les nouveaux utilisateurs trouveront aujourd’hui. Ce qui était autrefois une riche sélection de blogs et de sites Internet a été comprimé sous le lourd poids de quelques plates-formes dominantes. »

Tim Berners-Lee évoque « une poignée de plates-formes » en mesure de « contrôler quelles idées et opinions sont vues et partagées ».

« Concentration de pouvoir »

Le sexagénaire estime aussi qu’à cause de leur puissance et de leur capacité à écraser ou racheter leurs concurrents, « les vingt prochaines années soient beaucoup moins innovantes que les vingt dernières ». Enfin, cette « concentration de pouvoir » a, selon lui, « permis de faire du Web une arme à grande échelle », avec l’utilisation des réseaux sociaux pour diffuser des théories conspirationnistes, attiser les tensions sociales et interférer dans les élections.

Il le reconnaît : « Les entreprises sont conscientes des problèmes et s’efforcent de les résoudre. » Mais pour lui, cela ne suffit pas :

« La responsabilité – et parfois le fardeau – de prendre ces décisions relève des entreprises qui ont été érigées pour maximiser les profits plus que pour maximiser le bien social. Un cadre légal ou réglementaire qui prendrait en compte les objectifs sociaux pourrait aider à atténuer ces tensions. »

Tim Berners-Lee prône ainsi « des normes solides permettant de trouver un équilibre entre les intérêts des entreprises et ceux des citoyens connectés ».

Connecter la planète

Par ailleurs, le créateur du World Wide Web insiste aussi, dans son message, sur l’importance de connecter le monde entier, arguant que « le clivage entre les personnes qui ont accès à Internet et celles qui ne l’ont pas aggrave les inégalités existantes ». L’ingénieur appelle ainsi à « soutenir les politiques et les modèles d’entreprise qui élargissent l’accès au Web aux habitants les plus pauvres du monde grâce à des solutions d’accès public » et à « investir afin de garantir un accès à un Internet fiable aux femmes et aux filles ». A ce sujet, 2018 a des allures de symbole : pour la première fois de l’histoire, la moitié de la population mondiale est connectée.

Tim Berners-Lee met régulièrement en garde contre les dérives de la technologie qu’il a contribué à créer. L’an dernier, après l’élection présidentielle américaine qui avait éclairé d’un nouveau jour l’influence des réseaux sociaux, il avait appelé à une régulation plus ferme des publicités politiques.

Les grandes entreprises du Web croulent sous les critiques depuis quelques années, accusées pêle-mêle d’être trop laxistes sur la modération des contenus, de laisser proliférer de la propagande djihadiste, d’être exploitées par la Russie pour interférer dans les élections, de favoriser la diffusion de fausses informations, d’enfermer les internautes dans leurs propres opinions… Celles-ci se montrent généralement hostiles à toute forme de régulation et tentent d’éviter que les Etats ne légifèrent, assurant qu’elles sont capables de s’autoréguler. Face aux menaces de lois, les grandes entreprises ont donc fini par réagir, enchaînant les annonces, recrutant pour mieux modérer, se dotant de technologies d’intelligence artificielle pour repérer les contenus problématiques, etc. Ce qui n’a pas suffi : l’Allemagne, par exemple, a légiféré pour obliger les réseaux sociaux à supprimer les contenus haineux en moins de vingt-quatre heures. En France, un texte de loi en préparation sur les « fake news » prévoit de son côté un « devoir de coopération » imposé aux grandes plates-formes.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/03/12/tim-berners-lee-le-pere-du-web-appelle-a-reguler-les-grandes-plates-formes_5269595_4408996.html#t6r6L2OfVf2xA4lP.99


Concurrence

Appel à communications

Date limite : 7 mars 2018


Mégadonnées et innovation : Le Bureau de la concurrence présente les grands thèmes de la politique et de l'application de la loi en matière de concurrence au Canada 

Les principes fondamentaux de l'application de la loi continueront de guider les enquêtes

Le 19 février 2018, OTTAWA (Ontario), Bureau de la concurrence

Dans le cadre de son engagement à suivre le rythme des nouveaux enjeux liés à l'économie numérique, le Bureau de la concurrence a publié aujourd'hui un rapport résumant les thèmes principaux de la politique et de l'application de la loi en matière de concurrence dans le domaine des mégadonnées.

https://www.canada.ca/fr/bureau-concurrence/nouvelles/2018/02/megadonnees_et_innovationlebureaudelaconcurrencepresentelesgrand.html

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Big data and innovation: Competition Bureau highlights key themes for competition policy and enforcement in Canada 

Core enforcement principles will continue to guide investigations

February 19, 2018 - OTTAWA, ON - Competition Bureau

As part of its commitment to keep pace with emerging issues in the digital economy, the Competition Bureau published a report today summarizing key competition policy and enforcement themes related to big data.

https://www.canada.ca/en/competition-bureau/news/2018/02/big_data_and_innovationcompetitionbureauhighlightskeythemesforco.html

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C'est le 22 février que se tenait le lancement du laboratoire sur la découvrabilité à la salle Orange du Centre Pierre-Péladeau. L'événement avait pour but de réunir les partenaires amorce, les chercheurs et étudiants associés au projet. Nous tenons à remercier nos nombreux invités de leur présence, notamment Dominique Jutras de l'OCCQ, Solange Drouin et Annie Provencher de l'ADISQ, Jérôme Payette de l'APEM, Geneviève Côté et Éric Baptiste de la SOCAN, les chercheurs Hafedh Mili, Diane-Gabrielle Tremblay, Martin Tétu et Bruno Marien.

Les présentations ont d'abord porté sur les premiers résultats du forage effectué par Martin Tétu pour déterminer la présence de films et d'albums musicaux de nos listes de référence pour l'année 2016 sur les plateformes Spotify, Apple Store, YouTube, Google Play Music et Netflix. Ces premiers résultats de recherche seront bientôt disponibles dans la section «Résultats» du présent Wiki. Michèle Rioux a expliqué comment la logique macroscopique qui guide nos travaux, en situant ces premiers résultats dans la stratégie d'identification progressive d'indicateurs de présence et de visibilité visant à constituer un indice synthétique. Elle a  ensuite insisté sur le fait que ces indicateurs et cet indice doivent servir l'analyse d'éléments pouvant varier (barrières et facilitateurs) afin de permettre l'identification des réponses industrielles et institutionnelles.  Au nombre des barrières on a noté les suivantes (métadonnées, algorithmes et recommandations biaisées, consortium analytics, gestion du trafic Internet, publicité, équipement, localisation, profil et comportement).  Le recours à des groupes tests et de groupes témoins testant des paramètres associés au concept de persona pourrait dans l'avenir être employé sur le plan méthodologique, ceci notamment pour identifier les pistes de requêtes robotisées subséquentes. Christine Vaillancourt a présenté le Wiki du LATICCE, notre outil de mobilisation privilégié. Bruno Marien a discuté de la question des algorithmes et des facteurs de découvrabilté exogènes (liés aux caractéristiques des personnes et appareils, notamment), puis endogènes (liés aux comportements des personnes). Destiny Tchéhouali a rappelé le contexte partenarial de ce projet de recherche-action en soulignant l'importance de la collaboration entre chercheurs et praticiens de sorte que les résultats de la recherche puissent répondre adéquatement aux défis et besoins prioritaires identifiés en amont par l'ensemble des parties prenantes. Il a également mentionné l'intérêt et la portée internationale de ce projet de recherche dans un contexte de déploiement par l'OIF d'un nouveau dispositif d'observation des dynamiques culturelles et linguistiques et d'adoption par l'UNESCO de nouvelles directives opérationnelles sur la mise en oeuvre de la Convention sur la diversité des expressions culturelles dans l’environnement numérique. Jean-Robert Bisaillon a quant à lui présenté la liste des nombreuses mesures d'action, de soutien ou d'énoncés politiques traitant actuellement des enjeux de découvrabilité, de métadonnées, de recommandation de contenus. Il a souligné que l'indice de découvrabilité du LATICCE est certainement, en ce moment, l'une des rares initiatives qui s'aventure sur le terrain de la mesure de la qualité de l'offre en contexte numérique, soulignant qu'il s'agit d'un pré-requis essentiel à l'évaluation des retombées de nos pratiques industrielles et de nos politiques.

Nos partenaires amorce ont eu l'opportunité de témoigner de leurs préoccupations courantes en ce qui a trait à la pérennité des contenus culturels québécois et canadiens dans l'offre en ligne. Nous analyserons avec eux au cours des semaines à venir, les pistes qui pourraient constituer les prochaines étapes de réalisation de nos travaux (nos prochains Sprints), afin d'arriver rapidement à des résultats qui puissent illustrer la présence ou l'absence de barrières à la découvrabilité, expliquer l'actuelle fragilisation perçue par les milieux, de la fréquentation de nos productions sur les réseaux.

(Remerciements à Sébastien-Marcel Moutou pour la captation vidéo de l'événement.)